Previously : après une prise de poids conséquente et des lourdeurs, une sensation de fatigue, je suis diagnostiquée à 27 ans de la maladie auto-immune d’Hashimoto, touchant la glande thyroïde. Voici en quelques phrases une tentative de synthèse des marqueurs et du mécanisme de cette affection, découverte en 1912 par le docteur Hakuro Hashimoto dont elle tire son nom.

Au bout du compte, les anticorps anti-thyroperoxydase et anti-thyroglobuline semblent être les seuls marqueurs de la thyroïdite d’Hashimoto. Je m’explique : lors de ma visite chez l’endocrinologue en août 2016, la TSH et les niveaux de T3 et T4, soit les taux usuels d’hormones thyroïdiennes contrôlés, entraient tout à fait dans les fourchettes de “normalité” (à prendre avec des pincettes car celles-ci évoluent régulièrement et sont différemment ressenties selon les organismes), malgré des symptômes d’hypothyroïdie.

C’est que la thyroïdite d’Hashimoto n’est pas un dysfonctionnement de la thyroïde à proprement parler. C’est pour commencer une défaillance du système immunitaire ou maladie auto-immune. Celle-ci se manifeste en premier lieu par une porosité de la barrière intestinale. L’intestin grêle devient perméable et laisse passer des substances qu’il devrait normalement filtrer au cours du processus de la digestion. En réaction à ces éléments étrangers se promenant en liberté dans notre sang, le corps émet des défenses. Ces défenses peuvent avoir une incidence sur d’autres tissus. C’est le cas des anticorps anti-thyroperoxydase et anti-thyroglobuline. Ceux-ci détruisent progressivement la thyroïde, une glande en forme de papillon située à la base du cou, sous la pomme d’Adam et essentielle au bon fonctionnement de notre organisme car impliquée dans la régulation du métabolisme, de la température corporelle, de l’humeur, de la mémoire etc.

Comme toutes les glandes, la thyroïde fabrique des hormones. Deux types d’hormones exactement :  la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine). La T4 est produite en grande quantité, elle sera transformée à l’intérieur des cellules en rT3 (dont l’essentiel repart dans la circulation sanguine), et en T3 qui est l’hormone active. Pour que les hormones thyroïdiennes soient sécrétées en fonction des besoins de l’organisme, l’hypophyse, une petite glande rattachée au cerveau et située à la base du crâne, fabrique une hormone régulatrice, qui agit  directement sur la thyroïde : la TSH (thyréostimuline). La TSH a pour rôle de stimuler la thyroïde lorsque le taux des hormones thyroïdiennes dans le sang vient à baisser. Lorsque le taux de T3 et T4 est trop élevé, la TSH est alors mise au repos. On parle d’hyperthyroïdie lorsque la thyroïde produit trop d’hormones, à l’inverse les hypothyroïdies résultent d’une production hormonale insuffisante.

Il n’est pas rare de constater, de pair avec la présence de ces anticorps (un seul type ou les deux), un certain gonflement de la thyroïde. Cela est dû au fait que, pour répondre à l’attaque à laquelle elle est soumise, la glande déploie dans un premier temps des cellules plus grosses pour essayer de résister. Avant d’être en partie détruite. Une thyroïde anormalement gonflée doit théoriquement pouvoir s’observer en buvant un verre d’eau face à un miroir, le cou légèrement penché en arrière. J’avoue n’avoir rien remarqué ou détecté dans mon cas, avant l’examen de l’endocrinologue.

Lutter contre Hashimoto, c’est donc réparer la barrière intestinale en premier lieu (sa population bactérienne et sa mécanique). En d’autres termes, redonner les moyens au corps de traiter correctement la nourriture ingérée : afin d’arrêter le processus auto-immun d’une part mais aussi de lui permettre d’absorber correctement les nutriments nécessaires, d’autre part, à son rétablissement.

Il peut également être utile, en parallèle, de booster les fonctions thyroïdiennes, de surveiller le bon fonctionnement des glandes surrénales et de vérifier que l’on n’est pas sujet à des parasites ou des infections virales.

En une phrase : la thyroïdite d’Hashimoto semble être la résultante d’une combinaison détonante de facteurs complexes dont le plus important reste un dysfonctionnement au niveau de l’intestin, la plupart du temps favorisé par la nourriture ingérée.

Ainsi, nous apprenons que le premier pas vers la guérison consiste en un changement de style de vie (et en particulier d’alimentation) en vue de tenter de réparer la barrière intestinale.

A lire pour en apprendre davantage, les ouvrages très pragmatiques et structurés de :

  • Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin
  • Izabella Wentz, Hashimoto’s: the root cause.

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