Ma première consultation (!) en naturopathie a été riche en enseignements.

Que Bruno Beausir ouvre grand ses écoutilles…

 

En plus du gluten et des produits laitiers, il me faudrait limiter drastiquement dans mon alimentation la classe entière des glucides, appelée plus trivialement « sucres » et présente dans de nombreux aliments. Les fruits sont sucrés (fructose), mais aussi les légumineuses / pommes de terre (amidon), toutes les céréales au sens large (blé, épeautre, orge mais aussi riz, avoine, millet, dérivés du maïs…), l’alcool et bien sûr les pâtisseries, produits industriels, boissons diverses directement enrichis en sucre blanc. M’en tenir à une seule portion par jour pourrait m’être bénéfique. Au lieu de deux ou trois minimum dans les faits aujourd’hui : avoine le matin, riz le midi, soupe de potiron le soir… Ces sucres – sans les diaboliser, tout est dans la modération – sont partout.

 

Produits laitiers, sucres mais aussi viande (produite dans des conditions « modernes » : nourrie au maïs et soignées aux antibiotiques) sont en effet pro-inflammatoires. Or il semblerait que mes – je serai tentée de dire « petits », réflexe révélateur pour la suite de cet article – soucis de santé depuis toujours : bronchite chronique, psoriasis, maladie auto-immune… et même trouble obsessionnel du comportement puissent être liés à un état d’inflammation plus ou moins latent et persistant.

 

Au double effet ventral :

  • Un intestin grêle malmené, en feu, rendu poreux… ce qui ouvre la voie à de nombreuses intrusions dans le milieu intérieur et met le système immunitaire aux aguets
  • Un gros intestin envahi de mauvaises bactéries, entrant dans le cercle vicieux du « sucre qui appelle le sucre » et provoquant des sautes d’humeur (voire d’autres troubles comportementaux, nous ne sommes qu’au début des recherches dans ce domaine).

 

Cela a été, pour résumer ma découverte, ma condition pendant vingt ans : entre mes 3 et mes 25 ans, des phénomènes et réactions d’inflammation ont pris le contrôle de mon corps (et de mon esprit ?).

 

Si les changements de mode de vie entrepris ces dernières années, et fortement accentués ces dernières semaines – arrêt du gluten, de la pilule contraceptive, de la cigarette, quasi arrêt de l’alcool et des produits laitiers – sont allés dans le bon sens, il me resterait donc à être davantage attentive à l’absorption de sucre sous toutes ses formes. En se bornant à une prise de glucides par jour, je diviserais tout de même par trois mes apports et devrais miser davantage sur les lipides (oléagineux, avocat, noix de coco, bonnes huiles) pour puiser mon énergie, sans infliger de double peine à mes intestins. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

 

Ce qui me frappe dans ce processus – 100% induit par la volonté de guérir d’une maladie auto-immune naturellement – c’est le changement de paradigme qui me paraît s’en dégager.

 

En proie à l’inflammation pendant de si nombreuses années à l’échelle de ma vie de jeune femme, j’avais des déconvenues certes, je souffrais d’un certain nombre de maux. Mais – et il faut le dire en anglais sans quoi cela ne résonne pas de la même manière – Who cared? Who gave a shit? J’entendais dire dans ma famille et à toutes les échelles de la société : “les gens qui s’écoutent trop ne sont capables de rien”. On était alors tout entièrement concentrés sur nos cerveaux. La volonté dominait le monde. Et peu importe que ce soit au prix de quelques démangeaisons, herpès labiaux ou reflux gastrique.

 

Nous sommes entrés dans l’âge des intestins. Dans lequel il nous faut entretenir une relation avec chacun d’entre eux. Si possible harmonieuse. Et mettre en sourdine la rumeur du cerveau, la faire taire, la mettre au second plan, via la méditation. Laisser enfin la part belle à nos ressentis et à notre souffle. Après des années d’oubli, de contrôle et de suffocation. Auxquelles seule la maladie aurait pu mettre fin en soulevant des interrogations. Bienvenue dans l’ère de l’indulgence, de la compassion envers soi-même. De nouvelles priorités. Et pourquoi pas de la réconciliation entre ventre et cerveau ?

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