Cela fait bien longtemps que je n’ai rien posté ici. Pourtant les expériences n’ont pas manqué et leur partage semble nécessaire. A commencer par mon vécu du jeûne.

Après une période d’intense fatigue en début d’année 2018 doublée d’une rechute en termes d’analyses, fort décourageante au vu des efforts accomplis (TSH en hausse, anticorps qui ne régressent plus), je décide d’entreprendre un jeûne d’une semaine.

Cela faisait déjà un moment que j’entendais parler du jeûne – pour ses bienfaits santé mais aussi pour sa dimension psychologique de « recentrage », presque mystique. Les vidéos de Thierry Casasnovas sont entre autres unanimes à ce sujet : le jeûne peut nous sortir de bien des situations compliquées… J’ai par ailleurs toujours fortement apprécié les tables rases, propices à de nouveaux départs.

J’avais pratiqué le jeûne par deux fois, non encadrée. Par tranches de 2 jours accompagnées d’un jour de descente et d’un jour de reprise, au programme desquels j’alternais monodiète de pommes ou 100% fruits et légumes. C’était même devenu mon rituel d’après fêtes de fin d’année. Pour franchir le cap d’une pratique plus longue, je ressentais le besoin de faire partie d’un groupe et de suivre les conseils d’un professionnel.

Sur les recommandations d’une amie, mon compagnon et moi-même réservons un séjour d’une semaine aux Belles Humeurs, centre de jeûne et randonnée proche d’Albi, en mars dernier. Le cadre, extrêmement calme et naturel, en marge du petit village de Sieurac, nous séduit immédiatement et c’est accompagnés de 4 autres participants et coachés par Sandrine, la naturopathe maîtresse des lieux, que nous entamons la semaine comme suit : lever, verre de jus de légumes de « démarrage », randonnée matinale, eau et tisanes à volonté, sauna, soins disponibles sur place. J’ai pour ma part choisi d’essayer une séance de kinésiologie vers le milieu de la semaine, discipline qui agit sur la tonicité musculaire pour dénouer les blocages énergétiques – qui croit en une « mémoire du corps ».

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Il faut préciser que pour un jeûne dit hydrique (avec absorption de boissons) de cette durée, nous avions été préparés par une semaine de descente alimentaire à domicile (élimination progressive de la viande, des produits laitiers, des céréales, des légumineuses puis du solide pour terminer avec une journée de jus) et avons clôturé par une semaine de reprise alimentaire à notre retour de Sieurac (plus ou moins le même principe, dans le sens inverse).

Je dois dire que je vis extrêmement bien les premiers jours de jeûne : sereine, en forme et positive. Pleine d’entrain pour les randonnées en particulier (à chaque début de marche, une sensation de légèreté partagée par tous) et les conférences données par Sandrine chaque soir, sur un thème santé (le processus du jeûne, le sauna, la reprise alimentaire etc.). Les kilos défilent vite : -1 par jour. Mais je reprends tout pendant la semaine de reprise, pourtant composée à 100% de fruits et légumes – crus, cuits à la vapeur douce ou lacto-fermentés. Les besoins du corps ? Au fur et à mesure de la semaine, plus vraiment d’envie de boire : notre consommation de tisanes est divisée par 3. Et de vives douleurs à l’arrière des mollets, signes d’élimination des toxines. Il n’y a que le dernier jour qui est – pour moi – compliqué : telle une zombie, je visite Albi avec difficulté et suis sujette à des accès de colère, la veille. J’atteins mes limites. Ou est-ce psychologiquement que la reprise approche ?

Nous rentrons émerveillés par l’expérience en elle-même et par la redécouverte de la nourriture, de nos corps, de la force intérieure de l’humain. Si nous sommes capables de fonctionner (et comment ! Avec forme physique et clarté mentale) une semaine entière sans manger, on peut tout entreprendre, pas vrai ?

A M+6 je dois dire que le jeûne a fait bouger beaucoup de chose dans ma vie, dans nos vies :

  • au quotidien, une conscience accrue de ce que nous faisons de non physiologique – à savoir toutes ces fois où nous ne respectons pas notre corps et ses rythmes, et il en faut : on ne va pas s’arrêter de vivre – et des tentatives de rééquilibrage en conséquence
  • un premier arrêt total du Levothyrox / gouttes pour moi à l’issue de la semaine
  • dans l’absolu, des changements importants tant sur le plan professionnel que personnel pour aller dans le sens d’une vie plus en accord avec la terre, l’harmonie, l’amour, rien que ça !

Récompensés par une grossesse quelques semaines plus tard (ce n’est pas ce que nous allions y chercher mais je suis certaine que cette purification profonde du père et de la mère y a participé), nous militons désormais pour que le jeûne ne reste pas un tournant historique de nos vies mais bien une habitude régulière de retour à l’essentiel. Enceinte, je ne me suis pas aventurée à re-jeûner et compte sur un nouveau break d’une semaine d’ici quelques mois pour récupérer après l’accouchement. Mon compagnon quant à lui prolonge l’expérience d’une journée hebdomadaire de jeûne sec.

L’enseignement le plus fondamental à mes yeux ? Nous sommes bien plus forts que ce que notre mental peut nous laisser penser…

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