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Mesures et incertitudes : le long chemin de la guérison d’Hashimoto par voies naturelles

Deux longs mois après des résolutions de rentrée drastiques, l’heure est au bilan.

Les résolutions se sont tendues au fil des semaines, à la faveur d’une grippe ultra précoce survenue au mois de septembre. Clouée au lit, je prends conscience de manière encore plus aiguë du rôle fondamental de notre alimentation et de nos états psychologiques dans le maintien de notre santé et de notre bien-être.

Au-delà de l’arrêt que je peux maintenant qualifier d’historique du gluten (un an bientôt !), ce furent deux mois de nourriture quasi végétarienne (une exception toutes les deux semaines en moyenne, lorsque je ne pouvais pas faire autrement : œuf, poisson principalement… cadre professionnel ou restaurant), pratiquement sans produits laitiers (sauf beurre ou crème utilisés dans la cuisson de repas pris à l’extérieur), sans café, mais surtout huit semaines sans une goutte d’alcool ! Auxquelles il faut ajouter l’arrêt total de la consommation de cigarettes et la pratique renforcée du yoga et de la méditation, après un formidable voyage en Inde.

En un mot : Hashimoto est fourbe. Si mon corps s’est vu considérablement allégé, énergisé, dégonflé par ces mesures, mon esprit s’est d’abord agité avant de s’apaiser au prix de beaucoup de repos et de traitements ayurvédiques indiens – et mes analyses ont montré une recrudescence de la maladie via une TSH multipliée par deux vs. les niveaux auxquels j’avais réussi à me stabiliser. Pas de corrélation claire entre l’évolution chiffrée de la maladie et les facteurs extérieurs donc. Si ce n’est un lien direct au stress et à la fatigue, mentale plus que physique. Autre hypothèse : l’influence perturbatrice de l’arrêt de la pilule, malgré des cycles réguliers retrouvés immédiatement.

Prise d’incertitudes, j’ai décidé de faire appel au corps médical à nouveau, après un an et demi « d’automédication » en vue de s’affranchir du Levothyrox. En espérant des éclairages sur ce yo yo. Je consulterai cette fois un naturopathe spécialiste de l’auto-immunité, pas de médecine allopathique. Rapport d’expérience à venir d’ici la fin d’année.

Une lecture a été marquante au cours de cette nouvelle portion de chemin vers la guérison naturelle (semé d’embûches mais si enrichissant), celle de Santé Parfaite de Deepak Chopra. Cet ouvrage très didactique sur l’ayurvéda (science de la vie selon les indiens) est bourré de bon sens et d’enseignements. A dévorer.

Les recettes et routines qui m’ont accompagnées pendant cet automne-santé sont à retrouver sur : https://www.instagram.com/soigner.hashimoto/

Message d’espoir que cet article de novembre : la route continue, en y croyant dur comme fer.                                      Et j’irai jusqu’à dire en ayant changé ma perception de la vie toute entière.

 

Même Gigi Hadid parle de la thyroïdite d’Hashimoto

En savoir plus ici, sur le site du Huffington Post.

On se demande de quelle hygiène de vie l’on parle. Mais, là aussi, alimentation et sport sont les premiers cités.

Si, comme moi, vous voulez adopter des habitudes alimentaires et sportives (en apparence) draconiennes (car en fait une habitude se prend vite, et quand l’on se sent bien, ce n’est en aucun cas une contrainte…), tout en étant plus précis que Gigi, mon premier conseil est de tenir ce que j’appelle un SEMAINIER.

A savoir un journal quotidien de ses entrées alimentaires et de son activité physique. Le simple fait de coucher sur le papier ce qui est ingéré et ce qui est dépensé, ce qui entre et ce qui sort, fait prendre conscience de beaucoup de choses et est vecteur de sagesse. On prend du recul, on établit des liens entre des comportements : des envies, des excès, des humeurs, des états.

Il m’est désormais habituel de partager ce semainier avec des personnes de mon entourage que j’ai entraînées dans l’aventure. La prise de conscience n’en est que plus aiguë. L’idée n’est pas de se censurer, de se sanctionner, ou de rougir. Mais bien d’observer, de noter, de mieux se connaître. Avec bienveillance et sérénité. J’ai pris cette habitude supplémentaire depuis environ 3 à 4 mois.

Exemple de semainier :

Lundi  

7h30 : Thé vert, 3 tartines de pain sans gluten : 1 avec purée de cacahuètes naturelles, banane et graines de courge, 1 avec miel, banane et noix de coco râpée, 1 à la confiture de fraises, 1 jus maison (ananas, pomme, kiwi).

13h  : 1 salade de lentilles vertes aux courgettes et dés de saumon, 1 mini cold-pressed juice pomme, betterave, gingembre, 1 mini yaourt coco au fruit de la passion.

21h : 125 g de fusilli de riz complet, pesto maison (pignons, parmesan, basilic, huile d’olive, ail), 1 portion de salade de pêches à la menthe et à la vanille, 2 carrés de chocolat noir.

Divers
1 séance d’ostéopathie.

Mardi 

8h15 : Thé vert, 1 jus maison (kiwi, pomme, gingembre), 1 yaourt de coco fermentée à la vanille mélangé avec 1 banane, quelques noix du brésil et quelques graines de courge.

13h  : 1 grande salade carottes râpées, aubergines, tomates séchées, asperges, 1 portion d’ananas.

16h  : 2 mini brochettes de fruits (ananas, mangue, fraise).

21h  : 2 verres de limonade sans sucre à la fleur d’oranger, 1 veggie bowl avec quinoa, avocat, carottes et tofu mariné, 1 salade de fruits avec melon, framboises, myrtilles et cranberries, 1 carré de chocolat noir.

Mercredi 

8h15 : Thé vert, 1 jus maison (orange-citron), 2 tartines de pain no glu (1 avec purée de cacahuètes, 1 avec miel) surmontées de tranches de banane, graines de courge, noix du brésil, 1 carré de chocolat noir.

13h  : 1 grande salade lentilles vertes, tartare de tomates, avocat, blanc de poulet, coriandre et 1 portion d’ananas.

21h30  : 1 verre de vin blanc, 3 petites entrées (maquereau, huîtres, velouté de carottes-safran), 1 filet de merlan, 1 plat de pigeon, 1 dessert fraises-crème, 2 verres de vin rouge.

Divers : 1h30 de yoga. 2 cigarettes.

Jeudi 

9h  : 1 café, 1 crunola parfait du pain quotidien (lait de coco, sarrasin, banane, coulis de fruits rouge), 1 jus frais concombre/kale/pomme/gingembre.

14h : 1 portion de riz rouge + veau cuisiné avec des aubergines et pois chiches, sauce au yaourt, 1 compote de pommes maison surplombée d’amandes caramélisées.

20h30 : ½ salade pois chiche et raisins secs, ½ salade lentilles vertes, lentilles corail et basilic, 1 petite salade riz-quinoa-oeuf, 1 mini dessert tapioca/lait de coco, 4 carrés de chocolat noir.

Vendredi 

9h15 : 1 café, 3 tranches de pain no glu avec beurre et confiture d’abricots, 1 verre de jus d’orange.

12h30 : 3 petites tranches de jamon iberico, 1 morceau de pélardon, 2 tranches de chorizo, 1 morceau de tomme aux fleurs, 2 tranches de pain no glu, roquette, 3 abricots, 2 carrés de chocolat noir, 1 espresso.

20h : 2 coupes de champagne, olives vertes, quelques mouillettes no glu de tapenade verte, asperges, osso bucco avec riz semi complet, 1 morceau de tomme aux fleurs, 1 morceau de chèvre, 1 morceau de brebis, 1 coupelle de fraises, 1 carré de chocolat noir, 2 verres de vin rouge.

Samedi 

9h : 1 verre de jus d’orange, 1 yaourt nature avec quelques quartiers de pomme et du miel, 1 café long.

13h : 1 verre de vin rouge, 1 amuse bouche citron/tomate/huile d’olive, 1 carré de veau accompagné de polenta.

16h : 1 boule de glace coco, 1 boule de glace pistache.

20h30 : 1 schweppes, 3 morceaux de saucissons, alade verte, melon, roti de veau avec quelques patates au four, fraises et chantilly, 30 g de chocolat noir.

Dimanche

9h : 1 verre de jus d’orange, 1 café long.

13h : 4 verres de rosé, 1 coupe de champagne, 1 chipolata, 1 merguez, quelques crudités trempées dans brandade de morue, aioli et tapenade noire, 3 accras de morue, 1 tranche de jambon, 2 tranches de coppa, quelques morceaux de saucisson. Quelques cerises.

21h  : 1 plat boco : boeuf/chou vert, 1 toblerone.

Qu’est-ce que la thyroïdite d’Hashimoto ? Une tentative de synthèse

Previously : après une prise de poids conséquente et des lourdeurs, une sensation de fatigue, je suis diagnostiquée à 27 ans de la maladie auto-immune d’Hashimoto, touchant la glande thyroïde. Voici en quelques phrases une tentative de synthèse des marqueurs et du mécanisme de cette affection, découverte en 1912 par le docteur Hakuro Hashimoto dont elle tire son nom.

Au bout du compte, les anticorps anti-thyroperoxydase et anti-thyroglobuline semblent être les seuls marqueurs de la thyroïdite d’Hashimoto. Je m’explique : lors de ma visite chez l’endocrinologue en août 2016, la TSH et les niveaux de T3 et T4, soit les taux usuels d’hormones thyroïdiennes contrôlés, entraient tout à fait dans les fourchettes de “normalité” (à prendre avec des pincettes car celles-ci évoluent régulièrement et sont différemment ressenties selon les organismes), malgré des symptômes d’hypothyroïdie.

C’est que la thyroïdite d’Hashimoto n’est pas un dysfonctionnement de la thyroïde à proprement parler. C’est pour commencer une défaillance du système immunitaire ou maladie auto-immune. Celle-ci se manifeste en premier lieu par une porosité de la barrière intestinale. L’intestin grêle devient perméable et laisse passer des substances qu’il devrait normalement filtrer au cours du processus de la digestion. En réaction à ces éléments étrangers se promenant en liberté dans notre sang, le corps émet des défenses. Ces défenses peuvent avoir une incidence sur d’autres tissus. C’est le cas des anticorps anti-thyroperoxydase et anti-thyroglobuline. Ceux-ci détruisent progressivement la thyroïde, une glande en forme de papillon située à la base du cou, sous la pomme d’Adam et essentielle au bon fonctionnement de notre organisme car impliquée dans la régulation du métabolisme, de la température corporelle, de l’humeur, de la mémoire etc.

Comme toutes les glandes, la thyroïde fabrique des hormones. Deux types d’hormones exactement :  la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine). La T4 est produite en grande quantité, elle sera transformée à l’intérieur des cellules en rT3 (dont l’essentiel repart dans la circulation sanguine), et en T3 qui est l’hormone active. Pour que les hormones thyroïdiennes soient sécrétées en fonction des besoins de l’organisme, l’hypophyse, une petite glande rattachée au cerveau et située à la base du crâne, fabrique une hormone régulatrice, qui agit  directement sur la thyroïde : la TSH (thyréostimuline). La TSH a pour rôle de stimuler la thyroïde lorsque le taux des hormones thyroïdiennes dans le sang vient à baisser. Lorsque le taux de T3 et T4 est trop élevé, la TSH est alors mise au repos. On parle d’hyperthyroïdie lorsque la thyroïde produit trop d’hormones, à l’inverse les hypothyroïdies résultent d’une production hormonale insuffisante.

Il n’est pas rare de constater, de pair avec la présence de ces anticorps (un seul type ou les deux), un certain gonflement de la thyroïde. Cela est dû au fait que, pour répondre à l’attaque à laquelle elle est soumise, la glande déploie dans un premier temps des cellules plus grosses pour essayer de résister. Avant d’être en partie détruite. Une thyroïde anormalement gonflée doit théoriquement pouvoir s’observer en buvant un verre d’eau face à un miroir, le cou légèrement penché en arrière. J’avoue n’avoir rien remarqué ou détecté dans mon cas, avant l’examen de l’endocrinologue.

Lutter contre Hashimoto, c’est donc réparer la barrière intestinale en premier lieu (sa population bactérienne et sa mécanique). En d’autres termes, redonner les moyens au corps de traiter correctement la nourriture ingérée : afin d’arrêter le processus auto-immun d’une part mais aussi de lui permettre d’absorber correctement les nutriments nécessaires, d’autre part, à son rétablissement.

Il peut également être utile, en parallèle, de booster les fonctions thyroïdiennes, de surveiller le bon fonctionnement des glandes surrénales et de vérifier que l’on n’est pas sujet à des parasites ou des infections virales.

En une phrase : la thyroïdite d’Hashimoto semble être la résultante d’une combinaison détonante de facteurs complexes dont le plus important reste un dysfonctionnement au niveau de l’intestin, la plupart du temps favorisé par la nourriture ingérée.

Ainsi, nous apprenons que le premier pas vers la guérison consiste en un changement de style de vie (et en particulier d’alimentation) en vue de tenter de réparer la barrière intestinale.

A lire pour en apprendre davantage, les ouvrages très pragmatiques et structurés de :

  • Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin
  • Izabella Wentz, Hashimoto’s: the root cause.